Tragique accident à Angre(06/08/2007)
Alors qu'il travaillait aux champs avec son grand-père, Edwin (17 ans) a été happé par la ramasseuse-presse
ANGRE Il n'y a pas de mots pour exprimer le drame qui s'est déroulé, samedi soir, dans le petit village d'Angre, dans les Honnelles. Un jeune homme de 17 ans, Edwin Maes, est décédé dans des circonstances extrêmement tragiques. Alors qu'il terminait les tâches quotidiennes dans les champs de la ferme familiale, une ferme de 100 ha, le jeune homme a été happé par la machine à confectionner les ballots.
Il est à peu près 20 h, samedi soir, lorsque Edwin et son grand-père terminent la taille et l'enroulement des ballots de paille, après avoir moissonné la terre. Le grand-père lie les ballots tandis qu'Edwin surveille le fonctionnement de la machine.
"Ces machines ont une force terrible et les dents tournent à une vitesse incroyable", raconte Bernard Paget, bourgmestre de Honnelles, qui s'est rendu sur les lieux une heure à peine après le drame, alerté par la police.
"D'après le grand-père, l'un des ballots ne se serait pas bien formé et a enrayé la machine; Edwin, qui en connaissait très bien le fonctionnement, aurait tenté de le décoincer en donnant un coup de pied. Mais sa jambe a été happée à travers les dents de la machine. Le grand-père a vu que le tracteur ne bougeait plus et est allé vers son petit-fils."
Mais il est déjà trop tard. La machine a broyé le jeune garçon.
Un garçon courageux
Edwin avait 17 ans, il est décrit comme un garçon courageux et n'était pas un novice dans le pilotage du matériel. Il avait repris la ferme familiale, au décès de son papa, il y a cinq ans.
Originaire de Flandre, la famille Maes était très appréciée dans la petite localité. Les trois enfants ont fréquenté l'école du village, et tout le monde participait régulièrement, en tant qu'agriculteur, à la moisson et aux festivités de la moisson à l'ancienne.
"C'est une incroyable fatalité, continue Bernard Paget. Lorsque son époux est décédé, il y a 5 ans, d'une crise cardiaque, la maman d'Edwin n'avait pas voulu remettre la ferme, parce que son fils avait toujours dit qu'il la reprendrait. Tout le monde avait fait un effort, la famille donnait un coup de main."
Dimanche, entre colère et tristesse, la famille tentait encore de comprendre les circonstances du drame, tandis que les proches et les amis venaient soutenir la maman du jeune garçon, inconsolable.
Dans les champs voisins, les moissons se poursuivent. Mais depuis samedi soir, l'air est plus lourd sur la route de Roisin. Sur les lieux du drame, les ballots n'ont pas bougé. Le jeune homme a été pris en charge par le funérarium Deramaix.
F. Sch.
© La Dernière Heure 2007
"Je n'ai plus aucun but"
ANGRE Sur la route de Roisin, à deux pas de la rivière des Honnelles, la famille Maes vient de vivre une tragédie. Après le père, voici cinq ans, le fils fermier vient de succomber. La fatalité, encore elle, a de nouveau frappé ces agriculteurs d'origine flamande qui ne demandaient qu'à vivre heureux. Nous nous approchons doucement de l'entrée du domaine. Un homme, les yeux rougis par la peine, vient vers nous. Il s'agit du grand-père Maes.
"Il faut laisser la maman tranquille, vous serez gentil." Le débit est lent, embué de sanglots, mâtiné d'un léger accent. Il a vu son petit-fils happé par l'engin. "Il venait juste d'avoir son permis tracteur. C'était un garçon courageux, oui. Un homme même. J'ai perdu mon fils, il y a cinq ans, et cette dame, sa femme, commençait à reprendre le dessus. Et puis ça... Je ne sais plus."
Nous marchons un peu à ses côtés. "Vous savez, moi, j'ai une grande force de caractère. J'ai passé plusieurs mois au chevet de ma femme, malade. Puis, mon fils est parti. Et après il y a eu un de nos employés, un gentil garçon, qui s'est pendu. Après cela, je m'étais dit que je ne voulais plus revivre une catastrophe comme ça. Ce n'est pas possible." Il titube. Derrière nous, des sanglots, étouffés entre quelques bras de réconfort, en disent long sur la peine qui étreint ces fermiers de la petite localité d'Angre.
Au milieu de la cour, un saule pleure toutes ses branches. Un vieil homme s'éloigne, le dos voûté, les yeux en larmes, sans doute rivés sur le souvenir de son petit-fils. "J'étais fort. Aujourd'hui, je n'ai plus de but. Plus aucun but."